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Les types psychologiques du psychiatre suisse Carl Gustav Jung sont à l’origine de l’indicateur MBTI, un test d’évaluation du type psychologique. J’ai expliqué dans des articles précédents ce que sont les types psychologiques et j’ai détaillé les huit types jungiens.

Dans le présent article, je vous raconte l’origine du MBTI et l’impact qu’à eu le test sur la théorie des types. J’expose ensuite quelles sont les grandes différences entre la typologie jungienne et le MBTI. Vous verrez qu’au-delà des différences, ces deux typologies s’enrichissent et se complètent.

La théorie des types est indispensable à celui qui souhaite se connaître et développer sa personnalité mais aussi à celui qui souhaite vivre en harmonie avec les autres.

1. Les types psychologiques de Jung à l’origine du MBTI

Carl Gustav Jung a élaboré la théorie des types psychologiques sur base des connaissances empiriques acquises auprès de sa patientèle. Une de ses disciples, Marie-Louise von Franz, a précisé la typologie jungienne en se focalisant sur la fonction inférieure et le processus d’individuation. Mais la théorie des types n’a pas connu de grand engouement jusqu’à ce que les mère et fille Briggs et Myers s’en emparent.

Katharine C. Briggs et sa fille Isabel Myers ont développé un indicateur pour déterminer le type psychologique d’une personne. Elles se sont basées sur les types psychologiques de Jung pour développer un questionnaire psychométrique, le MBTI (Myers Briggs Type Indicator).

Katharine Briggs a transmis sa passion pour la typologie jungienne à sa fille Isabel Myers. Cette dernière, marquée par les souffrances et les tragédies engendrées par la guerre, décide d’élaborer une méthode d’application pratique des types psychologiques afin d’aider les gens à mieux se comprendre et à éviter des conflits destructeurs.

Isabel Meyers s’est confrontée à des réactions hostiles de la part de nombreux psychologues qui considéraient douteux de mesurer la personnalité. Mais elle persista et aujourd’hui le MBTI est le test de personnalité le plus utilisé au monde.

2. Accréditation de la typologie jungienne par le MBTI

Marie-Louise von Franz avait indiqué lors d’une conférence que la théorie des types était une hypothèse qui devait être vérifiée statistiquement sur des millions de gens, ce qui lui semblait impossible. Le MBTI accrédite aujourd’hui la théorie des types.

Le plus grand bénéfice du MBTI est d’avoir testé la typologie jungienne sur des millions de gens. Étant du ressort de la psychologie et donc du subjectif, la théorie des types ne peut être prouvée scientifiquement, c’est-à-dire de manière objective et rationnelle. Mais elle se vérifie empiriquement grâce au test notamment et aussi par l’usage pratique qu’en font les gens.

Le diagnostic du type est toutefois très difficile en raison principalement de la méconnaissance de soi et de l’évolution de la personnalité. Un test n’est qu’un indicateur qui doit être exploré et vérifié par la personne qui utilise le test. Une connaissance approfondie de la théorie des types et une bonne connaissance de soi sont indispensables pour tirer tous les bénéfices pratiques de la connaissance de son type.

3. Préférences vs types

Sur base des deux attitudes (introversion et extraversion) et des quatre fonctions psychologiques (pensée, sentiment, sensation, intuition), Jung a élaboré huit types psychologiques, à savoir une fonction combinée à une attitude. Le type psychologique d’une personne est son attitude privilégiée combinée à sa fonction dominante.

Le MBTI base son indicateur sur les deux attitudes et les quatre fonctions jungiennes. Mais il détermine les types en se focalisant sur quatre préférences : extraversion ou introversion, sensation ou intuition, pensée ou sentiment et jugement ou perception. Les quatre préférences donnent quatre lettres qui déterminent le type, ce qui donne en tout seize types.

Par rapport à la typologie jungienne, le MBTI insiste sur la préférence jugement (pensée ou sentiment) ou perception (sensation ou intuition), indiquant quelle préférence est dominante et quelle préférence est auxiliaire. 

4. Fonctions conscientes vs fonctions inconscientes

Dans son ouvrage Types psychologiques, Jung décrit des types « purs » pour bien montrer leur contraste. Il précise qu’à côté de la fonction principale, il existe toujours une deuxième fonction qui vient en soutien de la fonction principale. La fonction secondaire est de nature différente mais non opposée à la fonction principale. Si la fonction principale est une fonction de jugement, l’auxiliaire est une fonction de perception et inversement.

La fonction principale est la fonction la plus consciente et la fonction auxiliaire est relativement consciente. En compensation de ces deux fonctions plus conscientes, les deux autres fonctions sont plus inconscientes. La fonction inférieure est la fonction opposée de la fonction principale, elle est la fonction la plus inconsciente. Pour chaque type, Jung décrit le processus inconscient. C’est ce processus inconscient qui est déterminant pour le développement de la personnalité et le processus d’individuation.

Le MBTI se concentre sur la combinaison entre la préférence jugement et la préférence perception. Il se focalise donc sur les fonctions dominante et auxiliaire. Il systématise le processus auxiliaire en proposant un équilibre entre introversion et extraversion. Ainsi, lorsque la fonction dominante est une fonction extravertie, l’auxiliaire est introvertie et inversement.

Voici un exemple avec le type pensée extravertie selon Jung et le type ENTJ selon le MBTI.

5. Description de la personnalité vs développement de la personnalité

Pour Jung, tout l’intérêt des types psychologiques réside dans le développement de la personnalité. Le processus d’individuation passe par le développement des quatre fonctions. Il s’agit d’harmoniser les différentes fonctions en intégrant les fonctions les plus inconscientes.

Jung préconise de commencer par développer la fonction auxiliaire privilégiée, ensuite la fonction auxiliaire opposée et de terminer par la fonction inférieure. La fonction inférieure est la fonction la plus difficile à intégrer mais c’est celle qui permet la réalisation de soi.

Le MBTI se focalise quand à lui sur la description de la personnalité. Il est, en effet, très utile de comprendre son fonctionnement pour faire les meilleurs choix au niveau relationnel et professionnel mais aussi au niveau de l’apprentissage.

En termes de développement de la personnalité, le MBTI est plus pauvre que le processus d’individuation jungien. Il se contente de proposer d’équilibrer les fonctions principale et auxiliaire en subordonnant une attitude à l’autre, en faisant un choix entre les opposés. Là où Jung va insister sur la nécessité d’unifier les opposés, ce qui demande bien évidemment des efforts personnels plus conséquents.

Quand on maîtrise la théorie des types, il devient également aisé de comprendre le fonctionnement de l’autre. La connaissance de la typologie facilite la compréhension de soi, de l’autre et favorise des relations plus harmonieuses, que ce soit au niveau familial, amical ou professionnel.

6. Conclusion

La théorie des types psychologiques de Jung a quelque peu été précisée par sa disciple Marie-Louise von Franz mais son hypothèse n’avait pas été vérifiée à grande échelle. Les mère et fille Briggs et Myers ont eu le mérite de proposer un questionnaire permettant de déterminer son type psychologique, le MBTI. Grâce à ce test, la typologie jungienne a pu être accréditée empiriquement.

Voici les principales différences entre types jungiens et MBTI :

  • S’il existe huit types psychologiques chez Jung combinant une attitude et une fonction, le MBTI se focalise sur quatre couple de préférences pour donner seize types psychologiques.
  • Là où Jung se concentre sur la compensation entre fonctions conscientes et inconscientes, le MBTI se focalise sur la combinaison entre fonctions de jugement et de perception, entre fonction dominante et auxiliaire.
  • Le MBTI systématise le processus auxiliaire en équilibrant les attitudes introvertie et extravertie.
  • En se concentrant sur les fonctions dominante et auxiliaire, le MBTI omet le processus le plus important aux yeux de Jung, à savoir le processus d’individuation par l’intégration des fonctions inconscientes.

Les types psychologiques et le MBTI doivent à mon sens être vus comme complémentaires. Ils s’enrichissent et se précisent l’un l’autre.

La théorie des types a une importante cruciale pour la connaissance de soi et de l’autre, elle favorise l’harmonie avec soi-même et avec les autres. Elle permet, en outre, le développement de la personnalité grâce au processus d’individuation.

Sources de l’article

  • C. G. Jung, Types psychologiques, Georg Editeur S.A., Genève, 1993
  • Marie-Louise von Franz, Psychothérapie. L’expérience du praticien, Éditions Devry, 2014

  • Isabel Briggs Myers et Peter B. Myers, Comprendre les types de personnalité avec la typologie MYERS-BRIGGS, Les Éditions de l’Homme, 2015

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